
Sortie en Anjou du 15 septembre 2026.
Ce mardi matin, avant l’aube, 35 vaillants voyageurs se tenaient prêts pour aller envahir l’Anjou et venger Eudes 1er. En effet Foulque Nérra avait fait bien de la misère aux blésois au moyen âge, c’était peut-être le jour de la revanche…C’est sans encombre que nous atteignons un peu avant 10 heures la cité du roi René. Le centre-ville est en travaux, un véritable gruyère qui oblige le chauffeur à nous dépoter à proximité de notre lieu de rendez-vous. Nous nous partageons en deux groupes qui, chaperonnés par Antoine et Élizabeth vont arpenter les rues du centre-ville.
Les deux guides furent excellents et sans nous abreuver de données ou de dates ils ont su nous montrer les curiosités de la cité. Le château vraiment remarquable avec ses 8 tours et ses assemblages de pierres colorées (schiste et tuffeau). Bien sûr le roi René fut évoqué, mais il était tout de même duc d’Anjou, duc de Lorraine, comte de Provence, roi de Naples et des deux Siciles, et vu sa bouille sur les gravures, il devait aussi
avoir un sacré coup de fourchette ce qui ne gâte rien. En montant vers un point de vue remarquable nous découvrons la Maine, ses rives et l’étendue ouest de la ville. Nous redescendons vers le centre-ville, les maisons à pans de bois sont nombreuses et bien restaurées, c’est remarquable. Nous sommes émerveillés finalement par la maison d’Adam, même si la couleur de rénovation choisie peut être discutée, mais laissons cela aux spécialistes, nous avons trouvé cela très beau. La cathédrale nous a ébloui. Pourtant nous avons été surpris en arrivant devant ce monument. Si on remarque bien ses deux flèches élancées, à leurs pieds on voit d’abord ce qu’on nous a présenté comme « la galerie contemporaine ». C’est un rajout récent placé devant un portail gothique qui possède un tympan sur lequel on peut voir des polychromies très belles bien que très anciennes. Il semblerait que le truc machin contemporain précédemment cité soit destiné à la protection de ces polychromies sensibles à la lumière solaire. Personnellement je suis réservé sur la beauté du truc contemporain, mais c’est l’œuvre d’un architecte, donc respect, japonais de surcroits, comme mes connaissances en
la matière sont sommaires, je ne porterai pas de jugement. Entrons dans ce bel édifice, une seule nef gothique avec des voûtes qui attirent le regard, c’est du gothique angevin, comme un dôme qui serait plus étiré en hauteur (mes connaissances en architecture sont vraiment très limitées). Le maître autel, et son baldaquin majestueux, l’orgue, les rosaces, certains vitraux ont aussi attiré notre attention. C’est magnifique.
Il est déjà l’heure d’aller au restaurant « la cour » pour se remettre en forme et aller ensuite à Noyant la Gravoyère, près de Segré, visiter ce qu’on appelle la mine bleue.
En réalité c’est une carrière souterraine. Pourtant les panneaux routiers indiquent « la mine bleue ». Nous avons donc appris que si on extrait des matériaux de construction, c’est une carrière. Sinon pour les substances minérales ou fossiles on parle d’une mine. Ici on extrait du schiste, à moins 126 m environ dans des couches d’épaisseur variable. Nous sommes descendus avec un ascenseur. Les premières années d’exploitation les mineurs descendaient et remontaient cette pente à pied, une demi-heure pour descendre, une heure pour
remonter, temps non payé, après une journée de travail de 10 heures à la poussière avec l’éclairage faiblard d’une lampe à pétrole ou à acétylène, cela 6 jours sur 7. Nous nous sommes déplacés dans des wagonnets d’un ancien train de mine dans des galeries étroites qui relient des chambres d’extraction volumineuses. La température en ces lieux est constante à 12°C. Ces conditions de travail étaient la source d’une maladie respiratoire analogue à la silicose, la durée de vie des mineurs variait entre 45 et 55 ans. L’équipement individuel était rudimentaire, les casques en particulier, l’outillage lourd et pas du tout ergonomique. Malgré cela les mineurs débitaient des blocs de schiste plus ou moins volumineux qui étaient remontés à la surface pour être ensuite débités, fendus, rondis et coupés jusqu’à en faire des ardoises utilisables dans la construction. Dans les chambres d’extraction les explosifs étaient parfois utilisés, mais par des spécialistes et après le départ des mineurs. En surface les blocs sont découpés, fendus jusqu’à devenir des ardoises qui seront utilisées en construction. Ce matériau avait une très bonne réputation car il ne contenait pas d’éléments ferreux
donc ne s’oxydait pas avec la pluie ou l’humidité. Même si les mineurs de fond avaient 18 ans au moins, les plus jeunes poussant en surface les wagonnets pouvant atteindre une tonne, le métier ne devait pas faire rêver.
Ce fut une journée agréable avec une belle ville entraperçue le matin qui a donné à certains l’envie de revenir et de s’y attarder et un rappel de ce que fut ce métier de mineur, mais là, même si le guide fut également très pédagogue et sympathique, personne n’a envie de travailler sous terre.
François L.B.