SORTIE CULTURELLE EN BERRY.

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MARCHE EN SOLOGNE DES ETANGS.
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Connaissez-vous le Berry ?

   Cette année une sortie berrichonne était proposée ce 16 mai. 29 participants se sont retrouvés par un matin ensoleillé, sans embouteillages, devant l’église Saint Martin de Vic, près de Nohant.

  C’est en 1849 que le curé de la paroisse en grattant le revêtement mural près d’une fenêtre du chœur a mis en évidence sous 5 couches d’enduit des fresques très bien conservées. Un ensemble très important sera mis à jour et suscitera l’intérêt des spécialistes et de Georges Sand qui usera de son entregent auprès des autorités compétentes pour que  rapidement Prospère Mérimée fasse classer ce site. Elles datent du XII° siècle, représentent des scènes de l’ancien et du nouveau testament, les fresques du chœur et de l’abside ont été réalisées dans le mortier frais les personnages sont saisissants  de vérité et les couleurs éclatantes, celles sur le mur de la nef ont été réalisées sur du ciment sec et sont plus ternes. Cet ensemble lumineux est remarquable et force notre admiration, un véritable trésor architectural à notre porte.

   Nous parcourons quelques centaines de mètres et arrivons à Nohant pour visiter la maison où vécu et écrivit Georges Sand. Cette femme, élevée et fort bien éduquée par sa grand-mère, avait très bon goût. Elle recevait chez elle beaucoup d’artistes, écrivains, musiciens et elle tenait à ce que ses invités se sentent bien à Nohant, la qualité du mobilier et de la vaisselle le prouvent. Son talent d’écrivain l’a rendu célèbre, mais toute sa vie elle a lutté pour s’affirmer dans un monde archi dominé par les hommes. George Sand écrivait la nuit dans un minuscule boudoir « le nez dans son placard ». Contrairement à Flaubert, elle ne corrigeait pas beaucoup. Avec Jules Sandeau, elle va  en 1831 faire la connaissance de directeurs de journaux et d’éditeurs et très vite elle écrira seule, connaîtra le succès et la considération du monde littéraire. Elle avait des idées républicaines affirmées. L’habileté de son avocat et amant du moment lui permit de se débarrasser de l’emprise d’un mari avide et cynique, sans doute le premier divorce demandé par une femme. Une sacrée féministe qui agissait.

   Un repas servi à « la petite Fadette » et nous prenons la route de Valencay.

   A l’origine, au Moyen-Age, le château de Valencay était une demeure féodale qui sera transformée, progressivement, par ses propriétaires successifs, en un château très agréable situé au milieu d’un domaine immense. En 1803, son propriétaire ruiné le cède avec les 12 000 hectares attenants pour une somme dérisoire à Charles Maurice de Talleyrand-Périgord. Cet ancien prélat deviendra un fin diplomate qui servira la France, et n’oubliera pas de se servir lui-même au passage, sous la Révolution, le Consulat, l’Empire et la Restauration. Il utilisera son château comme outil de sa diplomatie en particulier en y accueillant la famille royale espagnole pendant  six ans, mais aussi en y accueillant nombre d’hôtes étrangers. Bien entendu le service, les distractions et la gastronomie y étaient exercés à un niveau d’excellence.  Tout cela contribuait au renom du pays mais surtout de Talleyrand qui ainsi apparaissait dans les cours européennes comme un véritable homme d’état. Le mobilier, la vaisselle, les décors montrent que ce monsieur né infirme et donc déchu de son droit d’ainesse avait bien su inverser le cours des choses à son avantage. C’était un homme d’esprit, amoureux des plaisirs raffinés et du beau.

François